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Réflexion sur les algorithmes
Réflexion sur la notion de calcul et d'algorithme | Mathématiques empiriques ? | Laboratoires de Sciences Mathématiques

Il y a entre mathématique et informatique une solidarité fondamentale qui repose sur l’histoire (Turing, Von Neumann) et sur les pratiques actuelles, mais cette solidarité ne va pas sans contradictions.
Informatique et enseignement des mathématiques (CREM)

Introduction

Algèbre et Arithmétique
Bézout, Euclide,
Nombres Premiers

Analyse
Equation du second degré,
Méthode de dichotomie,
Suites récurrentes

Géométrie
Frises et Pavages,
Barycentre et Fractales

Graphes
Coloration d'un graphe, Recherche de plus courts chemins
Théorème des quatre couleurs

Statistiques, Simulations et Probabilités
Promenades aléatoires

Réflexion
Réflexion sur le rapport de la commission Kahane

Programmation
Quelques algorithmes mis en oeuvre

 

Marc Jambon (université de la Réunion) nous propose d'abord sa "Réflexion sur la notion de calcul et d'algorithme", présentée au séminaire de l'IREM de la Réunion les 29 septembre et 27 octobre 2004.

Puis nous nous bornons ici à indiquer quelques pistes de réflexion...

La Commission de réflexion sur l'enseignement des mathématiques (CREM) a déjà beaucoup réfléchi sur l'apport de l'algorithmique dans l'enseignement des mathématiques. Installée le 17 avril 1999 par Claude Allègre et présidée par Jean-Pierre Kahane, professeur à l'Université Paris-Sud et membre de l'Académie des Sciences, la Commission de réflexion sur l'enseignement des mathématiques réunit des enseignants et des chercheurs, en liaison avec le Conseil national des programmes et le groupe d'experts chargés d'élaborer les programmes de mathématiques de l'enseignement secondaire.
Sa mission est de dégager les évolutions à long terme des objectifs et des contenus de l'enseignement des mathématiques, de l'école élémentaire à l'université, et de faire évoluer en conséquence la formation initiale et continue des enseignants de mathématiques ainsi que les concours de recrutement.
Les rapports et documents de synthèses de cette commission peuvent être consultés en ligne sur le site d'Eduscol.

Citons un extrait du rapport Informatique et enseignement des mathématiques du CREM :
"Peu de domaines des mathématiques échappent à l’expérimentation sur machine, qui permet souvent d’aller un cran plus loin que le papier-crayon, et qui fournit également visualisations et animations...
L’écriture d’un programme informatique est l’occasion d’appliquer des règles logiques absolues dans un univers clairement défini et limité. Ecrire un programme qui marche récompense de ses efforts de réflexion, d’analyse et de synthèse. Cela ne dispense pas de s’assurer que l’algorithme termine dans tous les cas envisagés et qu’il le fait en temps raisonnable. Cette étape est une démonstration mathématique."


ARéflexion sur la notion de calcul et d'algorithme

Le mot "calcul" vient du latin calculus, caillou, par référence à la tradition qui raconte qu'un berger de l'Antiquité comptait ses moutons avec un sac de caillou. Le mot "algorithme" a une connotation plus savante, il se réfère au médecin arabe du IXe siècle Al-Khwarizmi, qui introduisit la numération décimale de position dans le monde occidental. Pendant longtemps, on a cru que le "calculable" était intuitif et qu'il n'y avait pas lieu de le formaliser. Les premiers Intuitionnistes (première moitié du XXe siècle) et même le Constructiviste E. Bishop (seconde moitié du XXe siècle) abondent encore dans ce sens. Church et d'autres mathématiciens, à partir du début du XXe siècle, ont éprouvé le besoin de formaliser le concept de "fonction calculable" et ce en liaison avec le développement de l'informatique. Pour ma part, je mettrai en évidence la nécessité du recours à la logique intuitionniste et, en liaison avec l'étymologie des mots rappelée ci-dessus, j'examinerai différentes propositions de définition du concept de "fonction calculable". Le fait même qu'il en existe plusieurs confirme, s'il en était encore besoin, la nécessité d'une formalisation mathématique. Enfin, la définition du Continu faisant appel à la notion de suite, un Continu "algorithmique" (susceptible de donner lieu à des applications numériques) se doit de se référer à ce qui précède.
Cette réflexion est présentée au format PDF (fichier de 1940 Ko). Elle est accompagnée du document Mathematica. Il vous faudra télécharger MAthReader sur le site de Wolfram (la société qui commercialise Mathematica) pour le visualiser. En attendant, vous pouvez consulter une version imprimée au format PDF de ce document (226 Ko).

 


AMathématiques empiriques ?


L'équipe REHSEIS (Recherches Epistémologiques et Historiques sur les Sciences Exactes et les Institutions Scientifiques) est une équipe de chercheurs qui dépend du CNRS. Ils font régulièrement des journées d'étude sur un thème donné.
On lira avec intérêt le rapport de la journée d’étude du 23 juin 1998 : Philosophie et mathématiques : sur le quasi-empirisme des mathématiques . Il y est établi le lien entre l’empirisme en mathématiques et l’expérience mathématique. On y étudie l'effet de l’introduction de l’informatique dans l'activité mathématique. Une réflexion sur les démonstrations "assistées" par ordinateurs est présentée est proposée ainsi qu'une approche des mathématiques expérimentales qui sont apparues dans les années soixante-dix avec le développement de l’informatique.
Retenons par exemple de ce rapport qu' "avec les progrès du matériel, du logiciel et de la théorie, l’ordinateur joue maintenant un rôle d’outil de laboratoire dans les mathématiques pures et appliquées ; un rôle qui était tenu au 18ème et au 19ème siècles par les sciences physiques.", d'où l'idée de proposer la création de laboratoires de Sciences Mathématiques.

 

 

ALaboratoires de Sciences Mathématiques


La Commission de réflexion sur l’enseignement des mathématiques
émet la suggestion suivante, dans son rapport sur l'informatique et l'enseignement des mathématiques :
Les lycées pourraient abriter des laboratoires de sciences mathématiques à côté de ceux de sciences physiques. Elèves et professeurs y trouveraient documentation, matériels informatiques, logiciels,... Ils pourraient s’y réunir, constituer des ateliers, inviter des conférenciers ou des consultants.
Des créneaux horaires spécifiques pourraient être réservés aux professeurs, pour leur formation continue...

C'est à nous de réfléchir à la réalisation effective de ce genre de laboratoires. C'est à nous de faire évoluer l'enseignement des mathématiques car "tous les mathématiciens-informaticiens s’accordent sur ce fait : l’ordinateur est devenu un véritable outil du mathématicien. Et c’est un outil de découverte et de création ; les mathématiques ne peuvent plus être considérées comme le seul produit de la " pensée pure " des mathématiciens." (équipe REHSEIS).